Royal au sommet de sa popularité
Royal au sommet de sa popularitéSelon une enquête TNS-Sofres, la candidate socialiste devance de 13 points son rival Nicolas Sarkozy qui s'est déclaré officiellement candidat mercredi.
"L'effet Royal" fait de l'ombre à Nicolas Sarkozy en ce début de campagne comme en témoigne le dernier baromètre TNS-Sofres réalisé pour le Figaro-Magazine. Moquée il y a quelques mois pour son inexpérience, la candidate socialiste atteint en décembre un niveau record de popularité, gagnant 6 points à 61% d'opinions favorables, tandis que le président de l'UMP en perd deux, avec 48% de jugements positifs. Elle gagne trois points à gauche, 9 à droite et 11 chez les "sans préférence partisane". Nicolas Sarkozy recule à gauche mais aussi à droite (- 3 points à l'UMP, - 8 au Front national) et perd des points chez les femmes.
"L'impression qu'on a, c'est que pour la première fois depuis longtemps, Nicolas Sarkozy ne donne pas l'impression d'avoir un coup d'avance", a déclaré à l'agence Reuters Emmanuel Rivière, directeur du pôle politique de l'institut TNS-Sofres. "Les succès qu'il a engrangés dans sa famille politique depuis 2002 montrait un Nicolas Sarkozy qui maîtrisait le jeu", a-t-il ajouté. "Là, on a le sentiment qu'il y a eu une volonté de s'aligner sur Ségolène Royal, lancée par un moment fort."
Le Pen au plus haut : Il est vrai que la candidate socialiste a été désignée le 16 novembre par le PS à l'issue d'un vote massif des militants en sa faveur, ce qui a créé une dynamique autour d'elle. Par contraste, le faux suspens de la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy a donné lieu mercredi au premier couac d'une stratégie de communication jusqu'ici très maîtrisée. La possible rivale du ministre de l'Intérieur lors de la primaire à l'UMP, Michèle Alliot-Marie, gagne 3 points, 37% des personnes interrogées "souhaitant lui voir jouer un rôle important au cours des mois et années à venir". Le président de l'UDF François Bayrou perd deux points à 34% et Dominique de Villepin en cède un avec 31% d'opinions positives.
Autre enseignement de cette enquête, la confirmation d'un niveau élevé pour le Front national. Jean-Marie Le Pen est crédité de 18% (+1) d'opinions favorables et n'a jamais été aussi haut, indique cette étude. Il est presque aussi populaire auprès des sympathisants du PCF (15%) que de l'UMP (18%).
Par ailleurs, la lutte contre le chômage reste le principal sujet de préoccupation des personnes interrogées, 42% estimant que le gouvernement doit s'en occuper en priorité. Elles sont 80% contre 18% a estimer que sa politique en la matière n'est pas efficace. La lutte contre la violence et la criminalité avec (21%, -1), la lutte contre la hausse des prix (15%, stable) et le maintien du pouvoir d'achat (13%, +1) sont les autres préoccupations majeures.