Ankara se targue du soutien de Benoît XVI

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

  Ankara se targue du soutien de Benoît XVI

Après avoir accueilli le pape à l'aéroport, le Premier ministre Erdogan a assuré que celui-ci voulait que la Turquie "fasse partie de l'UE". Le chef de la diplomatie finlandaise avait annoncé lundi la fin des discussions sur l'adhésion d'Ankara.

C'est une "recommandation honorable", estime-t-il. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé mardi avoir obtenu le soutien du pape pour l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, à l'issue de sa rencontre avec le souverain pontife à Ankara. "Je lui ai demandé son soutien sur notre chemin vers l'Union européenne. Il a dit 'nous voulons que la Turquie fasse partie de l'Union européenne'", a-t-il affirmé alors qu'il venait d'accueillir le pape à l'aéroport d'Ankara. Le pape a entamé mardi une visite de quatre jours en Turquie, moins de trois mois après son discours de Ratisbonne, en Allemagne, qui avait enflammé le monde musulman.

En 2004, sous le pontificat de Jean Paul II et alors qu'il était l'un des principaux personnages du Vatican, le cardinal Joseph Ratzinger avait publiquement déclaré que l'admission de la Turquie dans l'UE serait "une grande erreur", une opinion personnelle qui ne reflétait pas la position officielle du Vatican. Un porte-parole du Vatican avait déclaré à la veille de la visite papale que la Turquie devrait être autorisée à entrer dans l'Union européenne si elle remplit tous les critères fixés par les 25. "Nous ne sommes pas contre l'appartenance de la Turquie à l'UE", avait affirmé ce porte-parole, Federico Lombardi.

Levée de l'embargo :  Ces déclarations surviennent dans un contexte plutôt défavorable à l'entrée de la Turquie dans l'UE. Le chef de la diplomatie finlandaise Erkki Tuomioja a annoncé lundi la fin des discussions sur l'adhésion d'Ankara. "Les conditions ne sont pas réunies pour un accord pendant la présidence finlandaise", qui s'achève le 31 décembre, a-t-il déclaré à Tampere, en Finlande, en marge d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE avec leurs homologues du pourtour méditerranéen, dont la Turquie. "Nous sommes déçus de n'avoir par réussi à trouver une solution mais ça ne signifie pas une rupture entre la Turquie et l'UE", a-t-il estimé.

L'UE menace depuis plusieurs mois de suspendre les négociations d'adhésion au motif que la Turquie refuse d'appliquer à la République de Chypre, qu'elle ne reconnaît pas, le protocole dit d'Ankara, qui étend son union douanière avec l'UE aux dix Etats entrés dans le bloc européen en 2004. Les Turcs exigent au préalable la levée de l'embargo qui frappe la République turque de Chypre du Nord, proclamée unilatéralement et reconnue uniquement par Ankara.

Décision le 11 décembre :  Pour éviter la crise que causerait une suspension des négociations, la Finlande avait présenté fin septembre un plan pour reprendre le commerce direct entre l'UE et la partie nord (turque) de Chypre. En échange, la Turquie devait accepter enfin l'ouverture de ses ports et aéroports aux navires et avions chypriotes grecs. Les Turcs et les Chypriotes grecs se sont rejetés lundi la responsabilité de l'échec de ces discussions.

Les ministres des Affaires étrangères des 25 rendront leur décision le 11 décembre sur la base d'une recommandation de la Commission européenne qui devrait être présentée le 6 décembre.

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Publié dans Actualités

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