Ségolène Royal et François Hollande, une situation sans précédent
Ségolène Royal et François Hollande, une situation sans précédentElle, candidate, lui, patron du parti. Le couple Ségolène Royal-François Hollande vit une situation politique inédite, avec une interrogation à la clé: l'avenir de Monsieur si Madame entre à l'Elysée. Ségolène Royal et François Hollande le 20 novembre 2005 au Mans
Les mauvais esprits ironisent volontiers sur le rôle de "Monsieur pièces jaunes" qui attendrait dans ce cas le compagnon de Ségolène Royal, par analogie avec les activités humanitaires de Bernadette Chirac. Longtemps, le premier secrétaire, se considérant à ce titre comme "candidat naturel", a espéré porter les couleurs du PS en 2007.
C'était sans compter avec les ambitions de la mère de ses quatre enfants, qui, en septembre 2005, se lançait en affirmant que sa candidature ne serait possible que "si François la sollicite et la soutient". Insistant sur "la liberté" de tout être humain, François Hollande n'a rien fait pour dissuader sa compagne. "Il l'a, soit laissée faire, soit encouragée avec l'idée qu'elle brouillerait le jeu et qu'il pourrait au bout du compte surgir pour mettre tout le monde d'accord", affirme un dirigeant PS proche de lui.
Ségolène Royal devant François Hollande le 25 septembre 2006 à l'Assemblée nationale à Paris
Mais il a dû prendre acte de la vague qui portait sa compagne dans l'opinion, se refusant à être "un candidat de plus". Il en aurait été de même "si la personne en tête des sondages s'était appelée autrement que Ségolène Royal", disait-il en octobre. Car pour lui, "ce qui compte, c'est la victoire de la gauche en 2007". Le premier secrétaire s'est résolu à être uniquement chef du parti, se voulant impartial malgré les soupçons de Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius.
Il entend être "acteur central" d'une campagne où le parti devra jouer "le premier rôle": "la victoire de la gauche sera mon succès, sa défaite ma propre responsabilité". Vendredi, il précisait qu'il ne serait pas "directeur de campagne", pas plus qu'il n'était avant "directeur de conscience".
Une certitude sur son avenir : depuis longtemps, le premier secrétaire a annoncé qu'il quitterait son poste après les élections de 2007. Il escompte bien être alors réélu député. François Hollande lors de la primaire socialiste le 16 novembre 2006 à Tulle
Jeudi soir, le maire de Tulle est resté dans sa mairie, plutôt que de rejoindre Melle, à trois heures de là, où Ségolène Royal célébrait son succès. "J'aurai toujours une vie politique quel que soit le bel avenir de Ségolène Royal", dit-il.
Et si elle est élue ? Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand, estime que "si l'un des deux (elle ou lui) pouvait renoncer à la politique, ce serait lui". Lui-même laisse cependant entendre qu'en 2012, il n'aura que 58 ans. Et balaie du revers de la main les "spéculations" de journalistes qui le voient entretemps ministre.
Comme on lui demandait vendredi à la radio s'il allait "demander en mariage" Ségolène Royal, il a répondu sèchement: "ce n'est pas ici le sens de ma présence". A la mesure de son agacement quand le bruit avait couru, au début de l'été, de prochaines noces en Polynésie.
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