Algérie : Sarkozy assouplit l'obtention des visas
Algérie : Sarkozy assouplit l'obtention des visasLa consultation préalable des pays européens de l'espace Schengen avant la délivrance de visas aux ressortissants algériens sera supprimée. L'abrogation de cette procédure "permettra de réduire très nettement le temps d'obtention des visas", a déclaré le ministre de l'Intérieur.
Nicolas Sarkozy a annoncé lundi à Alger la suppression de la consultation préalable des pays européens de l'espace Schengen avant la délivrance de visas aux ressortissants algériens. En vertu de cette procédure, les demandes de visas déposés par des Algériens pour entrer en France devaient avoir le feu vert préalable des pays européens de l'espace Schengen, les partenaires de la France craignant l'infiltration de terroristes islamistes.
L'abrogation de cette procédure "permettra de réduire très nettement le temps d'obtention des visas", a déclaré le ministre de l'Intérieur, qui a fait état également de la volonté de l'Algérie, exprimée par son homologue algérien Yazid Zerhouni, de "travailler très étroitement avec la France contre le terrorisme".
"Traiter immédiatement" : Le ministre français de l'Intérieur a fait cette annonce à l'issue d'un entretien avec Yazid Zerhouni et une réunion avec le Premier ministre Abdelaziz Belkhadem, qu'il a rencontrés successivement au Palais du gouvernement, peu après son arrivée pour une visite de deux jours en Algérie.
Nicolas Sarkozy a également confirmé l'ouverture en 2007 d'un nouveau consulat général de France à Oran et dit à Yazid Zerhouni que les consulats français en Algérie recevraient instruction pour "traiter immédiatement, le jour même, les demandes de visas présentant un caractère d'urgence".
"Discriminatoire" : La suppression de cette consultation concerne les visas ordinaires et les visas diplomatiques, a précisé Nicolas Sarkozy. L'Algérie réclamait depuis plusieurs années l'abrogation de la consultation européenne préalable, qu'elle jugeait "discriminatoire". Cette procédure n'est pas appliquée à la Tunisie et au Maroc.
En 2005, 145.000 visas d'entrée en France avaient été accordés, sur un total de 250.000 demandes, indique-t-on de source française. Sur l'ensemble des visas déposés par des Algériens pour l'entrée dans une pays européen de l'espace Schengen, 80% sont délivrés par les consulats français, selon la même source.
"Pas le moment" pour le traité d'amitié : "Le moment n'est pas favorable pour signer le traité d'amitié entre l'Algérie et la France", a déclaré lundi le ministre algérien de l'Intérieur Yazid Zerhouni. La signature de ce traité, prévue fin 2005, a été reportée sine die en raison d'une polémique sur la loi du 23 février 2005, dont un article, par la suite abrogé à l'initiative de Jacques Chirac, mentionnait le rôle positif de la colonisation. "Il y a encore des efforts à faire pour créer un consensus le plus large possible", a ajouté Yazid Zerhouni, ajoutant qu'il partageait l'avis du ministre français "lorsqu'il dit qu'il vaut mieux encore construire, parce que l'amitié ne se décrète pas". Le ministre algérien a expliqué qu'"il vaut mieux encore construire cette amitié et la construire par la réalité quotidienne", soulignant que "le traité d'amitié pourrait venir à ce moment là pour couronner et confirmer une situation".