Royal écarte la présence du public au conseil des ministres
Royal écarte la présence du public au conseil des ministresSégolène Royal a écarté implicitement, dans un entretien à 20 Minutes à paraître jeudi, l'idée avancée la veille d'admettre la présence du public à des conseils des ministres, proposant la réunion de jurys citoyens "en amont" des décisions qui y sont prises.
Interrogée lors du débat télévisé entre les présidentiables socialistes mardi pour savoir si des citoyens pourraient assister à des conseils des ministres, Ségolène Royal avait répondu aux journalistes: "Oui, ça vaut pour un conseil des ministres".
Mme Royal, questionnée sur ce point par 20 Minutes, "propose que sur de grands sujets nationaux, on organise en amont des jurys citoyens pour que le peuple donne son avis, avant l'examen de ces sujets en conseil des ministres".
"Si on avait testé le CPE par un jury de 150 jeunes, on aurait vu très rapidement que cette réforme n'aurait jamais été acceptée par les Français", fait-elle remarquer.
Selon la candidate à l'investiture PS, "le dernier mot restera toujours au politique". "Il n'est pas question de surveiller ou de destituer qui que ce soit. Simplement, avec les jurys citoyens, l'avis du public aura été donné (...). Les gens ne s'intéressent à la politique que si la politique s'intéresse à eux", déclare-t-elle.
Ségolène Royal revient sur l'expression de "jurys de citoyens" qu'elle avait utilisée dimanche, pour la première fois dans sa campagne.
"Peut-être le mot jury a-t-il fait peur, affirme-t-elle. On pense à jury d'assises. Mais je pense qu'il ne faut pas reculer sur ce point. Il y a bien des jurys de prix littéraires, et chaque matin à la radio, les auditeurs forment des jurys de citoyens très intéressants. J'y ai rarement entendu de bêtises".
La présidente du conseil régional de Poitou-Charentes souligne par ailleurs qu'"il n'y a pas un seul point du projet socialiste avec lequel (elle) ne soit pas d'accord".
Interrogée sur sa volonté de favoriser "un syndicalisme de masse", Ségolène Royal affirme que "si la France veut être un pays moderne, qui règle les conflits en amont, qui prévient les grèves et assure une égale répartition des fruits de l'entreprise entre le capital et le travail, il faut que les syndicats soient davantage représentatifs".
"Pourquoi ne pas proposer à chaque salarié qui signe un contrat de travail d'adhérer à un syndicat ? Ou alors la solution du chèque syndical, dont la cotisation est prise en charge par l'Etat", précise-t-elle.
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