Douze millions d'esclaves à travers le monde
Douze millions d'esclaves à travers le mondeAu moins douze millions de personnes, dont une large majorité d'enfants, sont réduites à l'esclavage aujourd'hui à travers le monde, a affirmé lundi une abolitionniste du groupe Anti-Slavery International.
Les enfants esclaves, qui seraient plus de huit millions, sont exploités par des réseaux de pornographie et de prostitution. Ils sont aussi victimes du travail forcé ou contraints de se battre dans les rangs de forces irrégulières.
"Ils sont plus vulnérables, moins coûteux et moins enclins à revendiquer des rémunérations plus élevées ou de meilleures conditions de travail", a souligné Sarah Williams.Les enfants esclaves, qui seraient plus de huit millions, sont exploités par des réseaux de pornographie et de prostitution.
"Le travail n'est pas terminée", a-t-elle ajouté lors d'un séminaire organisé à Londres sur le bicentenaire de l'abolition de l'esclavage. L'image dépeinte par Sarah Williams est des plus sombres. Au Soudan, explique-t-elle, plusieurs milliers de personnes ont été enlevées et réduites à l'esclavage depuis l'éclatement de la guerre civile, en 1983.
Au Myanmar (ex-Birmanie), elle évoque des centaines de milliers de victimes du travail forcé, ouvriers agricoles, commis de l'armée ou travailleurs du bâtiment. Dans des pays comme l'Albanie ou la Moldavie, des femmes sont piégées par des réseaux de prostitution et contraintes de travailler en France, en Italie ou en Grande-Bretagne.
Au Mexique, ce sont plutôt des hommes qui sont victimes de l'esclavage et envoyés dans des fermes de l'autre côté de la frontière avec les Etats-Unis. "L'histoire de l'esclavage n'est pas terminée. Nous devons redoubler d'efforts pour mettre fin à cette injustice partout où nous y sommes confrontés", a souligné le ministre britannique de la Culture, David Lammy, qui participait au même séminaire.
La Grande-Bretagne célébrera l'année prochaine le bicentenaire de l'abolition de l'esclavage, et le gouvernement envisage de faire à cette occasion acte de repentance en publiant une "déclaration d'excuse". Mais aucune décision n'a encore été prise.
En 1999, les autorités municipales de Liverpool, dont le port était un des pôles du "commerce triangulaire" avec l'Afrique et la zone Etats-Unis/Caraïbes, avaient présenté des excuses officielles. En février, c'était au tour de l'Eglise anglicane de faire des excuses pour avoir profité du commerce esclavagiste "déshumanisant et honteux".
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