Premier grand débat au PS en direct sur LCI.fr
Premier grand débat au PS en direct sur LCI.frA partir de 20h35, Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn seront interrogés sur les questions économiques et sociales. Un débat coproduit par les chaînes parlementaires et LCI. Retrouvez en fin de soirée les moments forts du débat en vidéo.
C'est une première dans l'histoire de la télévision française : la compétition interne au sein d'un grand parti va être soumise au jugement des militants et de l'opinion à une heure de grande écoute. La soirée de mardi aura des airs de primaires à l'américaine dans le studio de la société VCF, à Saint-Cloud. Les états-majors des trois candidats à l'investiture ont d'ailleurs visionné ces derniers jours des archives de débats outre-atlantique mais la comparaison est difficile car les trois socialistes n'auront pas le droit de s'interpeller, contrairement à la pratique des primaires aux Etats-Unis. Ce qui a fait dire à un porte-parole de l'UMP que le PS avait réinventé l'ORTF.
Rien n'a été laissé au hasard dans l'organisation du débat pour éviter tout dérapage ou déséquilibre. Derrière trois pupitres en bois clair seront disposés en arc-de-cercle Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Leur place sera tirée au sort. Face aux candidats se tiendront les deux journalistes, Emilie Aubry, pour LCP-Assemblée nationale, et Emmanuel Kessler, pour Public Sénat, chargés de les interroger. Les trois compétiteurs s'exprimeront brièvement l'un après l'autre sur leur candidature, avant le débat lui-même, sur les questions économiques et sociales.
Un débat réglé au millimètre : Les deux journalistes tireront au sort dix questions posées par les militants par courrier ou internet, couvrant dix sujets considérés comme "incontournables" (retraite, pouvoir d'achat, emploi..) et d'ores et déjà précisés aux concurrents. Les journalistes pourront rebondir si la réponse leur semble imprécise. Les candidats répondront dans un ordre tiré au sort. Les réponses ne dureront pas plus de 3mn15. Très haut, face aux journalistes, une horloge égrènera les minutes du temps de parole. Les candidats eux-mêmes disposeront d'un signal lumineux déclenché 30 secondes avant la fin du temps imparti.
Ces derniers jours, les trois postulants à l'investiture ont préparé ce rendez-vous chacun dans leur style avec une contrainte commune : coller au projet du PS, auquel les militants sont attachés tout en s'en détachant pour faire la différence. Ils ont révisé les nombreuses fiches préparées par leur réseau d'experts mais leur entourage préfère minimiser ce "bachotage" et souligner que l'important est d'être "soi-même".
L'organisation des débats a alourdi le climat dans la campagne interne au PS. Les proches de Ségolène Royal avaient d'entrée pointé le risque, pour l'unité du parti, d'une confrontation entre frères socialistes, alors que leurs adversaires voyaient dans les débats contradictoires un exercice indispensable de démocratie. Le principe en a été finalement accepté, mais la députée des Deux-Sèvres a prévenu qu'elle "se réservait le droit de ne pas s'y assujettir" s'ils dégénéraient "J'aurais souhaité qu'on respecte la langue française et qu'un débat soit un débat, pas une suite de monologues", a de son côté affirmé Dominique Strauss-Kahn. Il faut "de réels débats et non des débats télévisés façon ORTF", "on ne tranche pas les grandes questions simplement en lisant côte à côte des fiches", a remarqué pour sa part Laurent Fabius.