La bataille pour 2007 à l'UMP a pris un rythme de croisière

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

  La bataille pour 2007 à l'UMP a pris un rythme de croisière

La lutte entre "sarkozystes" et "chiraco-villepinistes" dans la majorité a pris un rythme de croisière - attaque le week-end, riposte le lundi - avec chaque semaine l'entrée ou le retour en scène de nouveaux acteurs.

Après le Premier ministre Dominique de Villepin et la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie il y a huit jours, c'est Jean-Louis Debré, fidèle parmi les fidèles du président Jacques Chirac, qui a donné le ton dans Le Journal du Dimanche.

Le président de l'Assemblée nationale a accusé le président de l'UMP Nicolas Sarkozy, qui entend briguer la succession de Jacques Chirac en 2007, de se livrer à un "dénigrement continu" et "insupportable" du gouvernement auquel il appartient.

Il a assorti cette attaque d'une petite perfidie en adressant "ses voeux chaleureux" à celle qui fait aujourd'hui figure de principale rivale du ministre de l'Intérieur pour l'élection présidentielle, la socialiste Ségolène Royal.


La riposte des "sarkozystes" a été immédiate et massive.
:  "Avec Jean-Louis Debré, on frôle toujours la tragi-comédie", a lancé lundi sur France 2 le ministre délégué aux collectivités territoriales Brice Hortefeux, qui a qualifié le président de l'Assemblée de "grognon obsessionnel" et dénoncé "une sorte d'acharnement contre Nicolas Sarkozy".

Le trésorier de l'UMP Eric Woerth a fustigé sur Europe 1 un "discours agressif" - "C'est une drôle d'idée que de chercher à affaiblir le seul candidat que nous ayons qui puisse aujourd'hui remporter cette élection", a-t-il déclaré.

"La guérilla que mènent certains au sein de notre propre famille politique contre Nicolas Sarkozy est parfaitement inopportune", avait-il déploré dimanche. "Les snipers ne font pas une armée mais ils peuvent la faire perdre. C'est à croire que la victoire de Mme Royal (...) ne gênerait pas quelques irréductibles à droite, confondant gaullisme et intégrisme."

"Ce qui est une faute, c'est de provoquer des polémiques", a renchéri sur la même radio l'ancien ministre des Affaires étrangères Michel Barnier, qui n'a "pas entendu Nicolas Sarkozy émettre des critiques" sur le gouvernement.


UNE PERIODE "PAS MARRANTE" : 
Le député UMP Claude Goasguen a reproché à Jean-Louis Debré de sortir de son rôle et de jouer les "cow boys" pour le compte de "copains (...) qui n'ont pas envie d'aller dans des primaires à l'intérieur du parti", dont Dominique de Villepin.

"J'ai même entendu dire par le Premier ministre qu'un parti politique c'était une caisse enregistreuse pour avoir des financements !" a-t-il confié sur Canal Plus. "J'ai l'impression que les 300.000 personnes qui viennent à l'UMP ne seront pas très contentes d'entendre que le Premier ministre UMP parle comme ça de leur parti politique." La désignation du candidat de l'UMP par les militants reste un prétexte à escarmouche entre les deux camps.

Les "sarkozystes", certains de la victoire de leur champion, maintiennent qu'il ne peut y avoir de candidat de l'UMP hors de cette procédure, qui s'achèvera le 14 janvier par un congrès. Pour Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie, rien n'empêche en théorie d'autres candidatures.

"Il ne faut pas que les procédures l'emportent sur l'esprit des institutions", a confié le Premier ministre dans l'avion qui le ramenait des Antilles à la fin de la semaine passée, selon la Croix. "Les hommes ont une âme. En politique c'est pareil. Il faut un souffle, un esprit, quelque chose en plus." Des personnalités de l'UMP offrent leurs bons offices, comme l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

D'autres prennent soin de ne pas insulter l'avenir, tels le ministre délégué au Budget, Jean-François Copé, qui trouve que la période "n'est pas marrante" et mise sur une "stabilisation". En attendant, une enquête TNS-Sofres donne Ségolène Royal victorieuse au second tour de la présidentielle dans tous les cas de figure, avec 51% des voix contre Nicolas Sarkozy, 60% contre Dominique de Villepin et 63% contre Michèle Alliot-Marie.

Un sondage "qui avertit la droite", estime le quotidien conservateur Le Figaro en première page. Plutôt que de participer à une réunion à Matignon sur les "zones urbaines sensibles", sous la présidence de Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy a pour sa part effectué à Limoges un déplacement sur le thème des pôles de compétitivité.
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Publié dans Présidentielle 2007

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