Nicolas Sarkozy promet une "nouvelle République"
Nicolas Sarkozy promet une "nouvelle République"Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a promis jeudi soir de sceller "un pacte d'avenir avec tous les Français", dont il entend briguer les suffrages lors de l'élection présidentielle de 2007.
Le "miracle" français est aujourd'hui menacé, a-t-il lancé à quelques 3.000 personnes réunies dans un hall d'exposition de Périgueux, en Dordogne. "L'Etat s'abîme dans l'impuissance, la nation s'abîme dans la repentance, la République dans le communautarisme, les discriminations, le chômage."
"Dès lors, mon projet est simple", a-t-il ajouté. "Je veux construire une nouvelle relation avec les Français, une relation faite de vérité, faite de respect de la parole donnée, faite de confiance dans la parole de l'homme public."
Une allusion à peine voilée au président Jacques Chirac, souvent accusé de ne pas tenir ses promesses.
"Je veux un nouvel Etat, une nouvelle nation, une nouvelle République, rien que cela mais tout cela", a poursuivi le président de l'UMP, qui a décliné dans un discours d'une heure et quart, sur un mode tantôt lyrique, tantôt moralisateur, sa conception de la République, de l'Etat et d'une "rupture" avec les pratiques politiques de ces dernières décennies.
Il a alterné les messages adressés aux électeurs de droite et aux autres franges de l'électorat, aux classes moyennes et aux classes populaires, et à des catégories spécifiques comme les femmes, les fonctionnaires, les juges, etc.
Aux femmes il a notamment proposé que le temps passé à l'éducation des enfants soit "intégralement pris en compte" pour le calcul des retraites. Aux fonctionnaires il a assuré qu'il n'aimait pas "la façon dont on parle d'eux" et promis de faire en sorte qu'ils soient "mieux payés et mieux considérés".
S'il y a des économies à faire, "ce ne sont pas les économies qui feront la réforme, c'est la réforme qui fera les économies", a lancé Nicolas Sarkozy, qui propose de créer un "budget annexe dédié exclusivement à la réforme de l'Etat" et alimenté par les recettes de privatisation.
ETAT IMPARTIAL : Aux juges, froissés par ses récentes déclarations sur la "démission" de magistrats de la banlieue parisienne face à la délinquance, il a assuré qu'il les comprenait, savait à quel point leurs conditions de travail étaient difficiles, et serait à leurs côté pour défendre l'indépendance de la justice.
"Mais je veux dire aux juges que, dans la République, nul ne peut prétendre se soustraire à la critique (...) L'indépendance de la justice ne peut les exonérer d'avoir à rendre compte au peuple de la manière dont la justice est rendue."
Si la République c'est "d'abord le mérite, ensuite l'effort et enfin la récompense", a-t-il ajouté, "aujourd'hui en France les prix sont trop hauts et les salaires sont trop bas".
"La République, pour moi, ce n'est pas seulement l'augmentation du smic, comme le propose les socialistes. C'est l'augmentation des salaires pour tous ceux qui le méritent."
Il a affirmé ne pas vouloir laisser "le monopole de la République" au PS et celui de la nation à l'extrême-droite et accusé au passage les socialistes d'être plus préoccupés de l'avenir du socialisme que de celui de la République.
"Ils n'ont pas tort : la République est toujours une idée neuve, tandis que le socialisme est déjà une idée morte", a ironisé Nicolas Sarkozy, qui a également fustigé "ceux qui veulent le mouvement sans l'ordre".
Mais il a aussi fait une allusion à la récente nomination par Jacques Chirac d'un de ses proches au poste de procureur général de Paris en promettant un "Etat impartial (...) qui passe par des nominations elles aussi impartiales".
Il a de nouveau plaidé pour la "discrimination positive", non sur la base de critères ethniques mais économiques, sociaux et éducatifs, pour aider les populations les plus défavorisées à combler des retards devenus "insupportables".
Mais si la France est "accueillante", a-t-il également dit, "elle ne veut pas de ceux qui ne l'aiment pas" et "n'a pas l'intention de renier deux mille ans de chrétienté (...), d'héritage de valeurs spirituelles et de civilisation".
Enfin, il est "hors de question que la France devienne un Etat fédéral" et que "renaissent des féodalités locales", a-t-il répondu aux avocats d'une nouvelle étape de la décentralisation.
Selon l'entourage de Dominique de Villepin, en voyage aux Antilles, le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur avaient parlé jeudi matin par téléphone de ce discours.
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