Les Européens devront travailler plus longtemps

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

Les Européens devront travailler plus longtemps

Les Européens devront travailler plus longtemps, réformer leurs systèmes de retraite et dégager des excédents budgétaires s'ils veulent être en mesure de financer les conséquences du vieillissement de la population.

Dans un rapport sur la "viabilité" des finances publiques à l'horizon 2050, la Commission européenne dresse un tableau extrêmement sombre des risques dans une Europe où le taux de fertilité chute, où l'espérance de vie augmente sans cesse et où les "baby-boomers" de l'après-guerre partent massivement à la retraite, même si quelques pays montrent la voie.

"Si la plupart des Etats membres ne prennent pas des mesures rigoureuses pour désamorcer la bombe à retardement des retraites, elle explosera entre les mains de nos enfants et de nos petits-enfants, et leur imposera un fardeau insupportable", a déclaré lors d'une conférence de presse le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia.

Si rien n'est fait, la dette publique s'élèvera en moyenne à l'horizon 2050 à 200% du PIB, deux fois la richesse annuelle et trois fois le niveau actuel, déjà supérieur aux critères de saine gestion décrétés dans le pacte de stabilité de l'euro.

Tous les Etats membres devront dégager des surplus budgétaires d'environ 1,5% par an pour faire face à la situation alors qu'ils enregistrent actuellement un déficit structurel moyen, corrigé des aléas de la conjoncture, de 2%.

En 2050, il n'y aura en effet plus que deux actifs pour 10 Européens, contre quatre à l'heure actuelle, alors que les dépenses liées au vieillissement augmenteront de 4% du PIB..

Ce coût aura un impact énorme sur la croissance économique, qui devrait être réduite de moitié, à 1% par an à peine, sans pour autant que soit totalement garanti le financement des pensions, des soins de santé ou de la prise en charge.


Sitautions disparates :

La situation est toutefois différente selon les pays.
Dans cinq d'entre eux (Chypre, Grèce, Hongrie, Portugal, République tchèque et Slovénie), le risque de voir les finances publiques crouler sous le coût du vieillissement est d'autant plus élevé qu'ils partent de loin en termes de déficit.

Dans un deuxième groupe, le risque est "moyen".
Les coûts liés au vieillissement sont significatifs et impliquent des réformes structurelles en Espagne, en Irlande et au Luxembourg, même si leur situation budgétaire est saine.

En revanche, l'Allemagne, la France, l'Italie, Malte, la Slovaquie et le Royaume-Uni ont effectué des réformes plus ou moins réussies des retraites mais leurs déficits sont élevés.

La Belgique est confrontée à la fois à une explosion des coûts et au problème que constitue son endettement élevé.

Enfin, certains pays sont bien gérés et ont réalisé des réformes structurelles importantes des systèmes de retraite: le risque y est jugé faible (Autriche, Danemark, Estonie, Finlande, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, Pologne et Suède).

Pour résoudre ce casse-tête, il faut selon la Commission s'inspirer de leur exemple sans tarder.

Il faut tout d'abord réduire à marche accélérée la dette et le déficit, qui doit être proche de l'équilibre en 2010, ce qui permettrait d'ailleurs de réduire les taux d'intérêt et de doper la croissance économique dans les décennies à venir.

Il convient ensuite de mettre plus de monde au travail, notamment les femmes et les travailleurs plus âgés.

En 2005, le taux d'emploi dans l'UE s'élevait à 63,8 % de la population qui pourrait être active, un progrès par rapport à l'an 2000, mais loin de l'objectif de 70% fixé par l'UE.

Enfin, les gouvernements doivent procéder à des réformes des systèmes de retraites, de soins de santé et de prise en charge de la dépendance pour faire en sorte qu'ils soient viables, notamment en retardant l'âge du départ à la retraite.
Publicité

Publié dans Actualités

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article