Villepin suggère à Sarkozy de "bien réfléchir" en matière de politique étrangère
Villepin suggère à Sarkozy de "bien réfléchir" en matière de politique étrangèreLe Premier ministre Dominique de Villepin a recommandé au ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy de "bien réfléchir et bien observer" en matière de politique étrangère, rappelant l'héritage gaulliste, et recommandant "de ne pas tout perdre en un jour".
"La crédibilité et l'indépendance de la France sont des choses que nous avons héritées du général de Gaulle, que nous avons patiemment conquises, faisons en sorte de ne pas tout perdre en un jour", a-t-il affirmé au cours de l'émùission Le Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.
"Je me définis par rapport à l'expérience qui est la mienne et par rapport à mes convictions gaullistes. Mon expérience est qu'il faut être vigilant sur ces questions. Tant qu'on n'a pas connu ces situations, tant qu'on n'a pas exercé de fonctions dans ces domaines, il faut être attentif à bien réfléchir, à bien observer, pour ne pas défaire ce que nous avons mis longtemps à construire", a-t-il dit.
"Je pense que l'épreuve des faits est une épreuve redoutable en politique. Parler des choses c'est une chose, vivre les choses et mener une politique c'est autre chose", a-t-il ajouté.
"Quel pays donneriez vous aujourd'hui en exemple sur la scène internationale d'une politique qui permette à la fois une bonne relation d'Etat à Etat et une exigence morale qui puisse être considérée comme parfaite? Il n y en a pas. Il faut en permanence chercher à concilier ces deux exigences, c'est ce que la France fait", a-t-il dit.
"Ce que je peux vous dire, c'est qu'ayant présidé à la diplomatie française pendant deux ans et ayant travaillé longtemps avec Jacques Chirac, l'exigence de la politique française c'est de porter cette exigence le plus loin possible, je serais curieux de savoir comment on peut aller plus loin dans la dénonciation tout en gardant ce dialogue nécessaire pour faire avancer le dossier coréen, le dossier iranien, le dossier énergétique".
"Tout l'exercice est d'application, c'est bien un domaine où je me garderais de donner des leçons", a-t-il ajouté.
M. de Villepin a également défendu la notion de "domaine réservé" du président de la République en matière de diplomatie et de défense critiquée par M. Sarkozy. Il a souligné que la France devait "avoir la capacité de parler d'une seule voix".
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