Sarkozy : l'UE a besoin de rapides réformes et de définir ses frontières
Sarkozy : l'UE a besoin de rapides réformes et de définir ses frontièresLe ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy estime dimanche dans le Sunday Telegraph que l'Union Européenne doit réformer d'urgence ses institutions et définir clairement ses frontières, en laissant la Turquie en-dehors de celles-ci.
L'établissement d'un nouveau cadre géographique et politique concernant l'élargissement de l'UE est une condition préalable en vue d'obtenir "un soutien populaire renouvelé pour le projet européen", écrit-il dans une tribune publiée par l'hebdomadaire conservateur britannique.
Selon le président de l'UMP, les forces conduisant le mouvement politique de l'Union européenne sont "à bout de souffle".
"Les citoyens de l'Europe sont soit sceptiques soit indifférents à ses buts et manquent de tout réel espoir collectif pour l'avenir", précise-t-il.
"Les priorités les plus urgentes en vue d'une réforme institutionnelle pourraient être définies dans un mini-traité qui modifierait les traités de Nice et d'Amsterdam," suggère le ministre.
Selon Nicolas Sarkozy, le mini-traité devrait être ratifié en 2008 avant les élections au Parlement européen qui doivent se dérouler en 2009.
Il devrait, selon lui, étendre le domaine de la majorité qualifiée au Conseil européen, donner au Parlement européen le pouvoir d'élire le président de la Commission et créer un ministre européen des Affaires étrangères.
Les Commissaires ne devraient plus être choisis en fonction de leur nationalité, estime-t-il encore.
M. Sarkozy juge par ailleurs "illogique, injuste, intolérable" l'actuel système de financement de l'UE.
"Les dépenses de l'UE doivent être financées par les impôts de l'UE", note-t-il, estimant que ce sera une importante question pour la présidence française au second semestre 2008.
Il est temps "de faire face honnêtement à la question des frontières de l'Europe", a estimé par ailleurs Nicolas Sarkozy. Pour lui, la Norvège, la Suisse et les pays balkaniques font "clairement" partie de l'Europe, alors que les autres pays voisins "euro-asiatiques et méditerranéens sont clairement "non-européens" et leur droit à adhérer à l'UE est "discutable".
M. Sarkozy se déclare favorable à "des partenariats préférentiels" avec ces pays, au premier rang desquels "notre voisine et amie la Turquie".
"Il y a de bonnes raisons de renforcer nos liens avec la Turquie, sans toutefois lui proposer d'être membre à part entière", juge-t-il.
Publicité