Sarkozy dans le jardin privé du président

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

  Sarkozy dans le jardin privé du président

Le président de l'UMP estime "contraire à la démocratie" de réserver la politique étrangère au seul président de la République. Le candidat joint la parole au geste et dresse l'ébauche de ce que serait sa politique internationale s'il devait succéder à Jacques Chirac.

Nicolas Sarkozy a sauté la barrière d'un chasse gardée présidentielle : la politique étrangère. Le président de l'UMP, toujours ministre de l'Intérieur et candidat à la présidentielle juge "contraire à la démocratie" de considérer les affaires internationales comme un "domaine réservé" au président de la République.

"Je demande, dit-il dans la revue Le Meilleur des mondes, que les tabous soient levés en matière de politique étrangère, je demande que le Parlement puisse en débattre et je conteste l'idée qu'un homme, quelle que soit sa fonction, demeure propriétaire de cette question." Et, comme on est jamais mieux servi que par soi-même, le patron de l'UMP passe à l'inventaire les grands dossiers internationaux du moment, n'hésitant pas au passage à fouler un autre domaine exclusif du Chef de l'Etat : la Défense.

"On se veut un exemple alors que sur bien des points on ne l'est plus"

Nicolas Sarkozy : "Est-ce qu'il faut revoir notre stratégie nucléaire ? La réponse est sans doute oui, pour partie (...) Aujourd'hui l'adversaire, ce n'est plus l'empire soviétique qui n'existe plus, c'est le terrorisme et la prolifération", explique Nicolas Sarkozy, qui juge que la France doit rester une puissance nucléaire et y consacrer les moyens financiers "nécessaires". L'homme estime encore que les Français sont "trop arrogants" parce qu'"on se veut un exemple alors que sur bien des points on ne l'est plus."

Souhaitant mettre sur la table la responsabilité de la Russie sur la Tchétchénie, la Georgie ou l'Ukraine et celle de la Chine sur ses prisonniers politiques, le candidat se dit également "partisan d'une France amie des Etats-Unis" et plus solidaire des Américains face aux tentatives de l'Iran et de la Corée du Nord de se doter de l'arme nucléaire. Quant au conflit en Irak, la France "doit s'impliquer dans la recherche" d'une solution et "tourner la page" sur l'intervention américano-britannique.

Concernant l'Europe, Nicolas Sarkozy estime que l'axe franco-allemand, "aussi indispensable soit-il, n'est pas suffisant pour relancer l'Europe", et réaffirme son opposition à l'entrée de la Turquie dans l'Union. "Pour moi, l'européanité de l'Ukraine se pose beaucoup moins que celle de la Turquie. Pareil pour les Balkans", souligne-t-il. "Pour le reste, je soutiens sans ambiguïté nombre des initiatives de Jacques Chirac à l'international", conclut le ministre de l'Intérieur. Il juge "exemplaire" la position du chef de l'Etat français sur le Liban.

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Publié dans Présidentielle 2007

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