Sarkozy veut une gestion européenne de l'immigration
Sarkozy veut une gestion européenne de l'immigrationIl proposera vendredi à Madrid de fusionner les politiques nationales en une seule politique européenne, et de créer un "Office européen de l'asile". Les positions qu'il défendra lors de la réunion des pays méditerranéens de l'UE ont été révélées par un document publié par Le Monde.
Nicolas Sarkozy, qui assistera vendredi à la réunion interministérielle des huit pays méditerranéens de l'UE sur l'immigration, compte y prôner l'"interdiction" des régularisations massives. Interdiction qu'il voudrait voir adoptée dans le cadre de l'adoption d'un "pacte européen sur la base du volontariat et de la coopération renforcée" sur l'immigration. Ce projet a été révélé dans un document publié par Le Monde, et contenant les propositions que compte faire le ministre lors de la réunion.
Nicolas Sarkozy suggère dans le même cadre "la stricte limitation des mesures de régularisation à des situations humanitaires au cas par cas". S'il appelle à la mise en place de "mesures d'accueil et d'intégration pour les nouveaux arrivants", telles que "contrat d'accueil et d'intégration, aide à l'accès au logement et à l'emploi", le ministre demande que soit respecté le "principe de proportionnalité entre le flux migratoire accueilli et les capacités (...) du marché du travail, du logement, des services publics, etc.".
"Partenariat euro-africain" : Parallèlement, Nicolas Sarkozy demande de "fusionner les politiques nationales en une seule politique européenne" et la création rapide d'un "Office européen de l'asile". Il serait dirigé par un "conseil d'administration où seraient représentés les gouvernements" des Etats-membres, de sorte que le statut de réfugié "serait accordé au niveau de l'Europe et non plus de chaque Etat".
Après le sommet euro-africain de juillet dernier à Rabat dont les participants s'étaient "engagés àveut confier le dossier créer et développer un partenariat étroit", rappelle Nicolas Sarkozy, il demande que soit établi un "partenariat euro-africain pour la gestion concertée des flux migratoires". Il insistera à nouveau, vendredi, sur la nécessité qu'il y a, selon lui, à "créer une agence financière européenne du co-développement", qu'elle le soit "ex nihilo" ou "rattachée à une structure existante" telle que la "Banque européenne d'investissement".
Enfin, pour mettre en place "une frontière extérieure européenne fiable et efficace", il souhaite notamment que l'agence Frontex (frontières extérieures) voie ses pouvoirs "sensiblement renforcés" en lui donnant celui de "réquisition des moyens militaires (y compris navals) ou policiers nationaux pour intervenir en cas d'afflux massif". Frontex pourrait aussi se voir confier "une responsabilité de coordination et d'organisation des vols groupés européens".