Grève programmée dans les écoles
Grève programmée dans les écolesCinq fédérations d'enseignants appellent à faire grève contre les suppressions de postes prévues au budget 2007. Mais outre des grèves dans les écoles, collèges et lycées, les syndicats annoncent de nombreuses manifestations en France. A Paris, un cortège quittera à 14h30 les abords de la Sorbonne, boulevard Saint-Michel. Le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, qui y participera, souligne que "ces suppressions de postes en 2007 s'ajoutent à celles des années précédentes. Dans le second degré, depuis 2002 nous avons compté 25.000 à 26.000 suppressions!", fait-il valoir. "On supprime beaucoup plus de postes que la baisse effective du nombre d'élèves, et inversement on crée moins de postes proportionnellement aux effectifs qui augmentent".
La présentation, mercredi, du projet de budget 2007 a confirmé les craintes des syndicats d'enseignants : avec 8700 suppressions de postes, le secondaire fait figure de parent pauvre de l'Education nationale. Il doit supporter tout le poids de la "vertu budgétaire" prônée par Thierry Breton, quand l'Enseignement supérieur et la Recherche tirent leur épingle du jeu avec un peu moins de 2000 créations de postes. Pour l'année à venir, le budget de l'Education nationale prévoit un solde net de 7103 suppressions.
Ce jeudi, cinq fédérations d'enseignants appellent donc à une grève nationale pour protester contre ces suppressions, d'une ampleur inédites selon elles : "C'est la première fois qu'on en supprime autant, c'est du jamais vu", a affirmé Samy Driss, secrétaire national à l'Unsa-Education, une des cinq fédérations mobilisées. Dès le mois de juin, en apprenant du gouvernement les suppressions programmées, les fédérations FAEN, Ferc-CGT, FSU, Sgen-CFDT et Unsa-Education avaient appelé à la grève.
Les syndicats prévoient "une mobilisation moyenne" : Toutefois "ce n'est pas toujours simple de mobiliser sur des sujets comme le budget dont les répercussions se feront sentir l'an prochain, sans compter les échéances électorales qui entraînent de l'attentisme", observe Samy Driss, dont la fédération prévoit "une mobilisation moyenne". "On table sur 30 à 35 % de grévistes", ajoute-t-il.
Le primaire semble être le mieux loti, mais il participera quand même à la grève de jeudi pour dénoncer notamment la surcharge de travail des directeurs d'école (en grève administrative depuis six ans) et des mesures insuffisantes en cette rentrée, selon des syndicats. "Sur la moitié des départements, le taux de grévistes sera de l'ordre de 35% avec des variations qui peuvent atteindre 50% d'enseignants du premier degré en grève", estime Gilles Moindrot, secrétaire général du principal syndicat des écoles, le SNUipp-FSU. "Ce sera une mobilisation modeste mais significative", ajoute-t-il, en précisant que "les créations de postes dans le primaire ne vont pas permettre de maintenir le taux d'encadrement".