Non-lieu à Angoulême dans une affaire de pédophilie présumée

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

Non-lieu à Angoulême dans une affaire de pédophilie présumée

Le tribunal d'Angoulême a rendu un non-lieu dans une affaire qui avait conduit en 2001 à la mise en examen d'une institutrice de Ruffec (Charente) et de son compagnon pour viols et agressions sexuelles sur plusieurs dizaines d'enfants, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

"Le dossier ne comportait pas de charges suffisantes pour motiver les réquisitions de renvoi devant une juridiction de jugement", a indiqué le procureur de la république d'Angoulême Pierre-Yves Couilleau.

Selon lui, l'examen "très scrupuleux, en profondeur" du dossier, les "contradictions" relevées et enfin l'absence de preuves ne permettaient pas de soutenir une accusation.

L'institutrice de maternelle et son compagnon, un ancien gendarme, âgés respectivement de 53 et 51 ans au moment des faits, avaient été mis en examen en septembre 2001, après que des enfants de 3 et 4 ans avaient affirmé avoir subi des agressions sexuelles de leur part.

L'association "L'Enfant libre", comité de soutien aux parents d'enfants supposés victimes, a indiqué mardi que les familles concernées ont reçu la nouvelle du non-lieu, par courrier "sans explication".

"Les parents sont scandalisés", a déclaré Laurent Fouillet, porte-parole de l'association qui a annoncé l'intention des familles de faire appel de la décision.

"On a le sentiment d'un désastre judiciaire. Dans cette affaire, on a, selon les gendarmes, 45 enfants qui peuvent être considérés comme victimes", a estimé Me Didier Seban, représentant plusieurs des 67 parties civiles constituées. Selon l'avocat, les familles ont droit à un procès.

"Cette décision est extrêmement choquante. Elle ne respecte pas la parole des enfants qui ont décrit leur souffrance", a-t-il ajouté en évoquant l'influence de l'affaire Outreau.

Le non-lieu intervient après une instruction de cinq ans. L'enquête avait mené à l'audition de dizaines d'élèves de trois à cinq ans, et de leurs parents. Des faits supposés de même nature, remontant à 1995, avaient également été étudiés.

Me Jean-François Changeur, défenseur de l'institutrice, a déclaré n'être "pas surpris" par le non-lieu. "C'est une décision logique, a constaté l'avocat, je considère depuis le début que le dossier ne recèle pas d'éléments tangibles quant à la culpabilité".

Après douze jours de détention, le couple avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire par la cour d'appel de Bordeaux avec interdiction de se rendre à Ruffec et d'entrer en relation avec les élèves de l'école maternelle, leurs parents et les enseignants.
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Publié dans Pédophilie

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