Le procès du meurtrier présumé d'une étudiante
Le procès du meurtrier présumé d'une étudianteTahar Bourahla comparait à partir de mercredi pour l'assassinat, qu'il a toujours nié, de Marianne Listoir, poignardée en 2002 près de Valenciennes.
Marianne était une adolescente sans histoire. Une jeune femme de 18 ans passionnée de musique hip-hop en première année d'IUT à Valenciennes où elle vivait seule. Elle a disparu le 19 octobre 2002, alors qu'elle se rendait à un rendez-vous pour un petit boulot, avait-elle confié à des proches. Son corps, lardé de coups de couteau, sera retrouvé dix jours plus tard dans un fossé. Tahar Bourahla, 31 ans, comparait à partir de mercredi devant la cour d'assises du Nord pour son assassinat.
Ce sont les témoignages et les regroupements qui ont mis les enquêteurs sur la piste de ce Franco-Algérien né à Valenciennes, âgé de 28 ans au moment des faits. Il a déjà eu affaire à la justice, notamment en 1999 pour violences et agression sexuelle. Un départ précipité vers l'Algérie, pour rendre visite à sa mère malade, assure-t-il alors, empêche dans un premier temps son arrestation.
Des points de dossier flous : Mais sa compagne raconte aux enquêteurs son comportement bizarre peu avant son départ et les conduit à un endroit retiré de Marly, près de Valenciennes. C'est là, explique-t-elle, qu'un jour il est allé se cacher dans les fourrés pour uriner, et qu'à son retour, il lui aurait confié avoir vu un sac avec les papiers d'identité d'une jeune femme noire ou métisse, comme Marianne. Sur les lieux, les policiers retrouvent le corps en état de décomposition avancé de Marianne. Tuée de 17 coups de couteau, la jeune fille n'a pas été violée. L'arme, que dit reconnaître la concubine de Tahar Bourahla, est retrouvée près du corps.
Le 28 novembre 2002, Tahar Bourahla est interpellé à Orly, à son retour d'Algérie. L'homme, qui sera défendu au procès par Me Eric Dupond-Moretti, nie depuis lors les faits qui lui sont reprochés. "Il n'a pas été très coopératif, puisqu'il a fait valoir son droit au silence et qu'il conteste tout", souligne Me Antoine Vaast, avocat des parties civiles. "Ce que la famille espère, c'est qu'elle va avoir des aveux, qu'elle va pouvoir savoir dans quelles conditions Marianne a été assassinée et ce qu'elle a pu dire", ajoute-t-il. Plusieurs points du dossier restent flous, notamment le fait de savoir si Marianne avait auparavant rencontré son meurtrier et si elle est tombée dans un guet-apens en pensant se rendre à un rendez-vous pour un emploi, rappelle l'avocat Vaast. Le verdict est attendu vendredi.
Le spectre du meurtre de Sophie Berkmans : Cette rhumatologue de 41 ans a été retrouvée égorgée dans son cabinet valenciennois le 7 octobre 2002. Aucun lien n'a jamais été établi avec Tahar Bourahla mais le jeune homme avait aussi été interrogé dans le cadre de cette affaire non résolue, qui présente certaines similitudes avec le meurtre de Marianne (mêmes ville et époque, mort par arme blanche, absence de violence sexuelle).