Visite contestée de Le Pen à Valmy
Visite contestée de Le Pen à ValmyPartis et associations appellent à manifester mercredi à Valmy contre la venue du président du FN. Ils dénoncent un "hold-up sur un des symboles fondateurs de la Révolution." Mais dans un texte publié mardi par Libération, sous le titre "Le Pen, un étranger à Valmy", un groupe de 6 historiens conteste cet argument. La "nation" défendue par les soldats de Valmy était une communauté "ouverte et généreuse", soulignent ces universitaires, qui précisent que la France révolutionnaire avait mis en place un régime assez libéral d'octroi de la nationalité aux étrangers. Le choix de Valmy a d'ailleurs fait grincer des dents au sein même du FN.
La visite de Jean-Marie Le Pen mercredi à Valmy suscite une véritable levée de boucliers : le PS, le PCF, la CGT-Marne, la FSU, l'Unef, Ras l'Front, la Licra et SOS Racisme notamment ont appelé à un rassemblement de protestation à 14h30 sur le site, quelques heures après la visite du président du Front national, prévue à 11 heures. Le président du FN doit déposer une gerbe au pied de la statue du général français Kellerman, vainqueur de la bataille de Valmy, et s'exprimer brièvement devant la presse.
"On ne va pas laisser l'extrême-droite faire un hold-up sur un des symboles fondateurs de la Révolution", a déclaré Paul Meyer, secrétaire national à la coordination du MJS qui sera présent dès la matinée sur le site, avec d'autres jeunes militants. Même expression de "hold-up" chez le député UMP de la Marne Bruno Bourg-Broc, qui se déclare hostile par principe à toute récupération de ce symbole "d'union nationale" par un parti politique, quel qu'il soit.
Le FN divisé : Le 20 septembre 1792, la bataille de Valmy - surtout une canonnade, qui fera moins de 500 victimes - marquait l'arrêt de la progression de l'armée prussienne vers Paris. Une armée de 47.000 Français, mêlant soldats professionnels et volontaires préservait la France de l'invasion contre-révolutionnaire. Le lendemain à Paris, la Convention nationale proclamait la fin de la monarchie.
C'est Marine Le Pen qui a eu l'idée de cette visite symbolique de son père à Valmy, pour marquer l'ancrage populaire et républicain du Front national en ce début de campagne présidentielle. Le Front national est aujourd'hui "l'un des seuls partis à défendre réellement les valeurs républicaines", a-t-elle affirmé lundi. Exemple, le FN défend une "fraternité à nouveau nationale" et non une fraternité "mondiale" vidée de tout contenu.