La colère musulmane monte contre le pape
La colère musulmane monte contre le papeLes réactions de musulmans en colère contre Benoît XVI, qui a condamné mardi "la Djihad" et les "conversions passant par la violence", se multiplient.
Trois jours après la tirade de Benoît XVI sur l'islam, le Pakistan a officiellement réagi. D'une part, le parlement a adopté une résolution demandant au pape de "retirer ses propos" liant l'islam à la violence. De l'autre, le ministère des Affaires étrangères a dénoncé "l'ignorance" du souverain pontife sur la religion musulmane.
Lors de son voyage en Allemagne, le pape avait implicitement dénoncé le rapport de l'islam à la violence, notamment concernant le "djihad", et son manque de lien avec la raison, à l'opposé, selon lui, du christianisme.
"Les remarques péjoratives du pape sur la philosophie du djihad et le prophète Mahomet ont blessé les sentiments du monde musulman et présentent le danger de répandre l'acrimonie parmi les religions", affirme la résolution adoptée à l'unanimité par l'assemblée nationale pakistanaise. "Cette assemblée demande au pape de retirer ses propos dans l'intérêt de l'harmonie entre religions", ajoute le texte, adopté à l'initiative d'un élu islamiste. "Quiconque affirme qu'il existe de manière inhérente quelque chose de malfaisant ou d'inhumain dans l'islam ne fait que montrer sa propre ignorance de cette grande religion", précise de son côté le ministère des Affaires étrangères. "De telles remarques sont "regrettables" et "ne font qu'accroître le fossé entre religions que nous nous efforçons avec ardeur de combler", conclut-il.
Le Vatican précise : Les condamnations se multiplient ailleurs dans le monde musulman. Cheikh Qardaoui, un influent dignitaire du Qatar, exige des excuses et se demande si les propos tenus mardi sont un prélude à de "nouvelles croisades". Un député islamiste marocain souligne que les propos du pape sont "une offense à plus de un milliard de musulmans, à la religion la plus dynamique du monde et qui avance partout, même dans les territoires chrétiens".
Devant l'ampleur des condamnations, le Vatican est monté au créneau pour atténuer la polémique. Benoît XVI respecte l'islam mais a "à coeur" de "rejeter les motivations religieuses de la violence", explique le porte-parole du pape. "Il veut cultiver une attitude de respect et de dialogue envers les autres religions et cultures et évidemment également envers l'islam", indique-t-il.