Racket : sept CRS toujours en garde à vue

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

  Racket : sept CRS toujours en garde à vue

Les fonctionnaires sont interrogés un à un et confrontés aux chauffeurs de taxis qui les accusent d'extorsion de fond. L'Unsa Police dénonce le manque d'encadrement des jeunes CRS et leur risque de dérive.

Sept CRS étaient toujours en garde à vue mardi soir dans les locaux de l'Inspection générale des services à Paris dans une affaire de racket présumé de chauffeurs de taxis en région parisienne. Convoqués lundi, dix fonctionnaires au total avaient été placés en garde à vue. Trois d'entre eux ont été remis en liberté mardi. Le parquet de Bobigny, en charge du dossier, doit se prononcer mercredi sur les suites à donner à cette affaire. Les fonctionnaires sont interrogés un à un et confrontés aux douze chauffeurs de taxis les mettant en cause dans une affaire de racket présumé sur les autoroutes A1 et A3 entre Paris et l'aéroport de Roissy.

Selon Joaquin Masanet, secrétaire général de l'Unsa Police, le plus ancien d'entre eux est entré dans la police "il y a quatre ans". Cette affaire intervient alors que sept fonctionnaires de la même compagnie de CRS (CRS 7), basée à Deuil-la-Barre, dans le Val-d'Oise, ont été renvoyés devant la cour d'assises de Paris pour des viols de prostituées en région parisienne en avril 2003. Pour Joaquin Masanet, dans ces deux affaires "ce sont à chaque fois de jeunes fonctionnaires qui sont mis en cause" et "si les policiers étaient mieux encadrés, on éviterait ces dérapages".


"Des gens appellent pour nous traiter de voleurs" :  Devant son casernement, un homme de cette compagnie, âgé de 28 ans, entré dans la police il y a 7 ans et souhaitant garder l'anonymat, a déclaré que ses collègues "ont le moral dans les chaussettes. Des gens appellent au poste de police pour nous traiter de voleurs. On se regarde un peu tous de travers, on s'engueule un petit peu. Avant il y avait une très bonne ambiance mais maintenant on va au travail à reculons". Un délégué syndical de la police, qui lui aussi souhaite rester anonyme, estime que ce qui est "inquiétant c'est que les CRS mis en cause sont nombreux, ce qui laisse penser que le racket était peut-être organisé". Selon lui, ses collègues "vivent très mal cette affaire, ils connaissent les gardés à vue et ne s'y attendaient pas".

Dans un communiqué, la direction générale de la police nationale (DGPN) a annoncé que "si les faits reprochés (aux policiers) sont avérés, les auteurs seront aussitôt sanctionnés sur le plan administratif". Plusieurs chauffeurs de taxis ont affirmé avoir été victimes de chantage à la fin du mois d'août lors de contrôles opérés sur les autoroute A1 et A3. La fédération des taxis indépendants d'Ile-de-France (FTI-IDF) et La chambre syndicale des artisans du taxi (CSAT) ont déjà annoncé qu'elles comptaient se porter partie civile dans cette affaire.

Publicité

Publié dans Faits divers

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article