Le danger d'al-Qaïda persiste cinq ans après le 11 septembre
Le danger d'al-Qaïda persiste cinq ans après le 11 septembreSi elle a évolué et changé de forme, la menace du terrorisme islamiste, cinq ans après le 11 septembre 2001, reste extrêmement dangereuse estiment, à la lumière des événements récents, experts et analystes.
Le démantèlement en Angleterre d'un réseau qui voulait tenter, selon les enquêteurs britanniques, de faire exploser en vol plusieurs avions de ligne en route vers les Etats-Unis démontre que, malgré la mobilisation des polices du monde entier et une répression sans précédent, des groupes jihadistes restent à l'oeuvre. Ils sont plus ou moins liés à al-Qaïda, et parfois pas du tout.
En Allemagne un carnage n'a été évité, dans des trains le 31 juillet, que parce que les détonateurs posés sur deux bombes cachées dans des wagons étaient défectueux. Cinq suspects libanais ont été arrêtés.
"La menace a changé, mais la lutte est devenue plus difficile" estime le suédois Magnus Ranstorp, spécialiste du terrorisme au Defense National College de Stockholm. "Nous avons beaucoup appris. Les services de renseignements, sur de nombreux fronts, ont collecté beaucoup d'informations. Mais cela ne veut pas dire que nous nous approchons d'une solution".
"C'est un adversaire qui pense en termes de siècles et pas de mandat politique ordinaire. Cela va être une longue lutte, sans fin véritable. C'est comme des montagnes russes: il y aura encore des attaques comme celle de Londres ou Madrid".
Dans une cassette audio récemment diffusée sur internet, Oussama ben Laden a prévenu: "Nous avons vu des explosions dans de nombreux pays européens. Et pour des opérations similaires en Amérique, ce n'est qu'une question de temps. Elles sont en cours, et vous en entendrez parler bientôt".
Depuis les attentats contre le World Trade Center et le Pentagone et le lancement par des Etats-Unis et leurs alliés de la "guerre contre le terrorisme", al-Qaïda a évolué et présente désormais un double visage: un noyau dur de combattants expérimentés, baptisés aux USA "Al-Qaïda Central", et une nébuleuse de petits groupes autonomes, qui se radicalisent et se motivent seuls, le plus souvent via internet.
Après avoir estimé, pendant un temps, que les coups reçus par al-Qaïda en Afghanistan et ailleurs avaient affaibli ses chefs, au point de les ramener au rang de simples autorités morales, les milieux du renseignement occidental ont compris qu'ils avaient conservé une réelle capacité d'action et de direction, et que des opérations de grande envergure étaient sans doute en préparation.
C'est ce que le chercheur français Dominique Thomas, spécialiste des réseaux islamistes et auteur des "Hommes d'al-Qaïda", qualifie de "petit clan, pour la plupart aguerris en Afghanistan, qui a réussi à reconstituer un noyau actif et fait revivre la machine".
"C'est une autre forme de configuration, avec une forte présence sur internet. Il y a les indéboulonnables, comme ben Laden et al-Zawahiri, et quelques responsables qui gravitent autour".
Interrogé après le coup de filet londonien, l'américain Richard Clarke, chef des services antiterroristes sous le président Clinton et brièvement dans l'administration Bush, a "trouvé très inquiétant le fait que cela ressemble à al-Qaïda ancienne manière. Mauvaise nouvelle. Cela veut dire qu'ils sont toujours là. C'est comme un jeu sans fin. Presque comme si quand nous en tuons ou capturons un, il en repousse trois"
Publicité