11-Septembre: Bush a profité de la peur mais l'effet pourrait se dissiper

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

  11-Septembre: Bush a profité de la peur mais l'effet pourrait se dissiper

Le président George W. Bush a profité de la peur des Américains après les attentats du 11-Septembre et continue d'assurer que lui et ses amis républicains, contrairement aux démocrates, voient les réalités telles qu'elles sont depuis ces attaques.

Mais cette vision n'est pas, ou n'est plus, celle de tous les Américains. Deux mois avant qu'ils ne renouvellent leur Congrès, les sondages indiquent qu'ils ne croient plus aussi fermement que la menace terroriste doive faire oublier le reste.

"On connaît aujourd'hui les résultats de la récente entreprise de la
Maison Blanche pour exploiter le terrorisme à des fins politiques", éditorialisait le New York Times
trois semaines avant l'anniversaire du 11-Septembre: "l'époque est révolue où les Américains avaient peur de la peur elle-même".

Un échange avec la presse illustrait ces derniers jours que M. Bush, lui, n'en démordait pas: son devoir le plus éminent est de protéger les Américains et ce combat se livre partout, aux
Etats-Unis, en Irak ou au Liban
.

Comme une journaliste lui demandait si le moment était venu de changer de stratégie dans un Irak au bord de la guerre civile, M. Bush répondait que si les Américains quittent l'Irak "avant que la mission ne soit remplie, les terroristes v
ont nous suivre jusqu'ici".

- Monsieur, ce n'est pas vraiment la question. La stratégie..., objectait une autre journaliste.

- Cela m'avait tout l'air d'être la question, la coupait M. Bush.

Les attentats du 11-Septembre ont transformé une présidence qui venait de commencer. Le soir même, M. Bush déclarait que le pays était en "guerre contre le
terrorisme
". Il est depuis, selon ses mots, "un président de guerre".

La politique extérieure des
Etats-Unis
et, dans une moindre mesure, la politique intérieure est placée sous le signe de la "guerre mondiale contre le terrorisme".

Ce sont les nécessités de la victoire contre les terroristes q
ue M. Bush et les républicains entendent invoquer pour contrer les démocrates aux élections parlementaires du 7 novembre et éviter une pénible fin de mandat au président.

Elles justifient également pour la
Maison Blanche
l'engagement en Irak, la détention des "ennemis combattants" de Guantanamo, la création de tribunaux d'exception ou encore des prérogatives exorbitantes et contestées accordées à l'administration pour combattre le terrorisme.

Les démocrates ont fait des infortunes irakiennes où plus de 2.600 soldats américains ont péri, un argument majeur de leur campagne et dénoncent un amalgame entre la guerre en Irak et la "guerre contre le terrorisme
".

Qu'est-ce que l'Irak avait à voir avec la "guerre contre le terrorisme",
demandait lundi un journaliste au président. "Rien, si ce n'est que (...) la leçon du 11-Septembre, c'est: faites face aux menaces avant qu'elles ne se matérialisent ", a répondu M. Bush.

Le message des démocrates semble toutefois porter. Non seulement 53% des Américains pensent que faire la guerre en
Irak était une erreur, mais 51% ne voient pas le rapport entre cette guerre et celle contre le terrorisme, selon une enquête d'opinion pour le New York Times
et la chaîne CBS réalisée fin août.

Entre l'immédiat après 11-Septembre et aujourd'hui, la cote de popularité de M. Bush est passée de près de 90%, un record depuis Franklin D. Roosevelt (1933-1945) selon Gallup, à moins de 40%.

M. Bush concède qu'il existe "beaucoup de gens, des gens biens, qui disent: retirons nous". Mais il s'empresse d'ajouter: "Ils ont complètement tort".

"Ceux qui pavoisent avec cette décision ne comprennent tout simplement pas la nature du monde dans lequel nous vivons", a-t-il lancé en août après qu'une juge eut déclaré contraires à la constitution des écoutes opérées sans mandat de la justice. Il avait lui-même autorisé ces écoutes au lendemain du 11-Septembre.
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