Natascha raconte sa vie d'otage

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

  Natascha raconte sa vie d'otage

La télévision autrichienne a diffusé mercredi soir la première interview filmée de la jeune fille depuis la fin de ses huit ans de détention. Elle a raconté les circonstances de son enlèvement, la façon dont elle avait vécu sa séquestration, son rêve permanent de fuite... Aujourd'hui, dit-elle, "j'essaie de récupérer, de me détendre..." Et de renouer avec une vie normale.

Elle est apparue mercredi soir pour la première fois devant les yeux des téléspectateurs autrichiens. Première question : "ça va ?" Scène un peu surréaliste, Natascha, jolie jeune fille de 18 ans, clignait un peu des yeux, ayant du mal à s'habituer à la lumière après toutes ces années passées presque sans sortir de sa retraite... Avant de se mettre à raconter... Son retour à la vie, puis sa vie quotidienne de recluse, ses rêves - devant les milliers de spectateurs qui attendaient son témoignage...

Les télévisions étrangères, pour leur part, devaient attendre minuit pour recevoir les mêmes images : pour des questions de droit, le signal international avait été brouillé. L'entretien avait été réalisé le mardi, dans un lieu tenu secret, par un journaliste de la chaîne publique ORF, Christoph Feurstein, spécialiste de l'affaire depuis l'enlèvement de Natascha Kampusch en 1998 : tout avait été fait pour protéger la jeune fille, soumise à une forte pression médiatique depuis sa réapparition après huit années de séquestration...

"Je voulais crier, mais aucun son ne sortait de ma bouche." : 
Que fait-elle depuis son retour à la liberté ? "J'essaie de récupérer, de me détendre..." Et Natascha d'évoquer ces gestes simples qu'elle redécouvre : manger une glace, prendre le métro... Car elle est sortie dans la rue, depuis qu'elle a retrouvé la liberté, et à son soulagement, personne ne l'a reconnue. Si elle parle ainsi facilement de cette réadaptation, décrire sa captivité reste difficile : elle en parle avec peine, elle essuie une larme. Le plus pénible est encore le moment de son enlèvement : "Je voulais crier, mais aucun son ne sortait de ma bouche." Ou de ces moments pendant lesquels, autorisée par son ravisseur à quitter sa cellule, elle devait rester muette devant les inconnus qu'elle croisait, alors qu'elle aurait voulu appeler à l'aide. Mais son ravisseur l'avait prévenue : si elle tentait de fuir, il la tuerait, elle et ses proches. "Le pire, dit-elle, c'était la fin. Chaque geste devenait une souffrance..."

Mais Natascha semble déjà reprendre le dessus. On est déjà loin de l'image de la jeune fille, peut-être victime du syndrome de Stockholm, qui disait pleurer la mort de celui qui l'avait séquestrée. Elle en parle désormais avec d'autres mots. Les entretiens que la jeune fille a eus avec des psychiatres se ressentent dans son discours : elle parle de la violence de son ravisseur, de sa paranoïa... "Il était fort, dit-elle. J'ai attendu d'être plus forte que lui." Plus forte pour pouvoir fuir, fuir sans être rattrapée - ce à quoi elle n'a jamais cessé de songer pendant ces huit années. Et aujourd'hui, elle peut rêver de nouveau. Elle s'imagine en actrice. Petite, sa mère lui avait dit un jour qu'elle serait sur les planches d'un théâtre de Vienne...

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Publié dans Actualités

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