Crash sur la Lune : à vos télescopes !

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

  Crash sur la Lune : à vos télescopes !

Dimanche matin, la sonde européenne Smart-1 s'écrasera sur la Lune. Un impact volontaire et soigneusement préparé qui sera visible depuis la Terre. Objectif : mieux connaître le sol lunaire après avoir testé des technologies de pointe.

Plus que quelques heures avant l'impact final. C'est en effet dimanche -et non samedi comme nous l'avions précédemment indiqué- à 7h41 heure française (5h41 GMT) que Smart-1 doit s'écraser sur la Lune. Lancée à 2 km/s, la sonde européenne creusera "un petit cratère mesurant 3 à 10 m de diamètre", a précisé Bernard Foing, responsable scientifique du projet à l'Agence spatiale européenne (Esa).

Le choc se produira dans le Lac de l'Excellence, une région méridionale de l'astre. Une bonne nouvelle pour les astronomes puisque l'événement sera visible depuis la Terre.

La "mort" de Smart-1 était programmée : en envoyant dans l'espace la sonde de 290 kilos au moyen d'une Ariane-5, le 28 septembre 2003, l'Esa souhaitait mieux connaître les paysages lunaires et la composition de son sol.

Pendant sa phase d'approche, Smart-1 a adressé de nombreuses données aux chercheurs. Les scientifiques ont ainsi "détecté pour la première fois du calcium et du magnésium", "mesuré les différences de composition au niveau des pics centraux des cratères, des plaines volcaniques et des gigantesques bassins d'impact" et "cartographié l'ensemble de la surface lunaire, y compris celle de sa face cachée", à une précision de 40 mètres de côté, selon l'Esa. Lors du choc de dimanche, les chercheurs devraient pouvoir mieux connaître les paramètres physiques et chimiques du sol à cet endroit en observant les matériaux éjectés par l'impact, leur rayonnement...

60 litres au 100... millions de km : La sonde a également permis de tester avec succès des technologies et une miniaturisation des équipements qui pourront servir à d'autres missions spatiales européennes, vers Mercure avec la sonde Bepi-Colombo (2013) ou à bord de la future mission indienne Chandrayaan vers la Lune. Son moteur ionique assurant sa propulsion en expulsant des ions de gaz xénon sous forte pression lui a ainsi permis de parcourir 100 millions de kilomètres en ne consommant que 60 litres de carburant.


Une des expériences embarquées, "OBAN", a "servi à tester un nouveau système de navigation qui permettra à de futurs véhicules spatiaux de naviguer de manière autonome, sans intervention des contrôleurs au sol", selon l'Esa. "Smart-1 était l'avant-garde, presque tout ce qui était à bord était novateur : il s'agissait d'une mission pour tester la technologie, la science était en plus", a souligné Octavio Camino-Ramos, responsable de la conduite des opérations.

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Publié dans Science

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