West Caribbean : deux moteurs se volatilisent
West Caribbean : deux moteurs se volatilisentLe Figaro l'a annoncé samedi matin, citant des sources judiciaires. Les deux moteurs du MD 82 de la compagnie colombienne West Caribbean accidenté en 16 août dernier au Venezuela, avec 160 personnes à bord dont 152 touristes français, ne sont plus sur le lieu du crash.
Que sont devenus les deux moteurs du MD 82 à bord duquel 152 passagers français et les 8 membres d'équipage colombiens périrent le 16 août dernier? Le Figaro souligne que la "disparition de ces pièces à conviction a été constatée, jeudi matin sur le site du crash" par des techniciens arrivés sur place pour organiser leur enlèvement, alors que les magistrats de Fort-de-France (Martinique) accordent un "intérêt tout particulier à l'analyse de ces éléments".
Mis à l'abri de la pluie ? : Selon ces sources judiciaires de Ford-de-France que cite le quotidien, "nul ne sait à ce stade dans quelles conditions ils les moteurs ont récemment été déplacés - pour être, semble-t-il +mis à l'abri de la pluie+". Les magistrats semblent d'autant plus ennuyés par ce déplacement que les deux moteurs devaient être tranférés en France pour analyses. "La levée de ces engins qui pèsent deux tonnes chacun avait été préparée dans le plus grand soin à la demande des autorités vénézueliennes", précise Le Figaro. "Certains redoutent à voie basse que ce déplacement inopiné n'ait contribué à endommager un peu plus encore les deux turbines de l'avion", ajoute Le Figaro.
La météo à l'origine du crash de la West Caribbean ? : D'après la compagnie aérienne, ce n'est pas un problème moteur mais de mauvaises conditions météorologiques qui auraient fait tomber l'appareil qui transportait 152 passagers martiniquais le 16 août 2005. Une analyse jugée toutefois prématurée par le BEA.
Le 16 août 2005, 152 passagers français et leurs 8 membres d'équipage colombiens périssaient dans l'accident de l'avion charter qui les ramenait en Martinique après une semaine passée au Panama. Quelles étaient les raisons du crash ? Equipage surmené, mauvais entretien de l'appareil, ou mauvaises conditions de vol ? Cette dernière hypothèse est celle que privilégie la compagnie, en citant des éléments d'un rapport américain. Mais le Bureau français d'Enquêtes et Analyses (BEA), qui participe à l'enquête, juge une telle conclusion plutôt hâtive...
Jorge Pérez, le président de la West Caribbean, s'appuyant sur un rapport du Bureau national américain de la sécurité des transports (NTSB), a ainsi affirmé lundi que ce crash était "dû à des causes météorologiques et à une perte de contrôle liée à un excès de givre sur les ailes. (...) Ce n'est pas que l'avion était en mauvais état comme l'ont dit de manière insistante les médias", a-t-il déclaré au journal El Colombiano. L'avion est entré dans une zone de turbulences et a accumulé "tellement de glace qu'il n'est pas descendu le nez vers le bas mais vers le haut", a indiqué M. Pérez. "La formation de glace est un problème que l'équipage a tenté de résoudre en changeant d'altitude mais à aucun moment, ne s'est profilée une situation d'urgence".
"Aucun des éléments de l'enquête ne permet de tirer cette conclusion" : Pourtant, cette hypothèse de l'accident dû à la météo reste pour l'heure... une hypothèse, selon le BEA, qui "regrette que l'exploitant tire des conclusions hâtives sur cet accident, sur la base d'un seul des éléments tirés des premières constatations de l'enquête". Selon El Colombiano, le rapport de la NTSB signale que "les deux moteurs tournaient à très grande vitesse au moment de l'impact". Les enregistrements de conversations à bord montrent aussi, selon les mêmes sources, que "l'équipage discutait des mauvaises conditions météorologiques dont une possible formation de glace". Le BEA avait lui-même, le 22 novembre, communiqué des conclusions similaires selon lesquelles "les deux moteurs (portaient) des traces de vitesses de rotation élevées des compresseurs au moment de l'impact", ce qui veut dire qu'ils étaient en état de marche. Mais ces éléments ne permettent pas à eux seuls, selon le BEA, de reconstituer le scénario du drame.
"Les premières informations validées de l'enquête sont à prendre globalement, sans en dissocier une seule, et sans faire d'interprétation car elles sont trop parcellaires", insiste-t-on au BEA. Et concernant l'hypothèse d'un excès de givre à l'origine du crash : "aucun des éléments de l'enquête ne permet de tirer cette conclusion", affirme le BEA.