L'office du tourisme du Cap d'Agde "complice de discrimination"
L'office du tourisme du Cap d'Agde "complice de discrimination"Le tribunal correctionnel de Béziers a condamné vendredi pour "complicité de discrimination" avec les agences immobilières l'Office de tourisme du Cap d'Agde poursuivi par SOS Racisme pour discrimination raciale à la location.
Le 5 août 2003, après une journée de " testing ", SOS Racisme dépose plainte après avoir mis en évidence des "discriminations opérées par des agents immobiliers et hôteliers du Cap d'Agde à l'encontre des touristes d'origine extra-européenne". Vendredi matin, le tribunal correctionnel de Béziers a donné raison à l'association et condamné pour "complicité de discrimination" avec les agences immobilières l'Office de tourisme du Cap d'Agde. Il a écopé d'une amende de 20 000 euros , et sa directrice, Viviane Praz, a été condamné à 15 jours de prison avec sursis.
La constitution de partie civile de SOS Racisme a été retenue par le tribunal. "Cela veut dire que notre légitimité à poursuivre a été reconnue", a indiqué Samuel Thomas, vice-président de SOS Racisme, qui s'est félicité de cette "victoire". SOS Racisme avait déposé plainte le 5 août 2003 après une journée de "testing" mettant en évidence selon l'association les "discriminations opérées par des agents immobiliers et hôteliers du Cap d'Agde à l'encontre des touristes d'origine extra-européenne". Jugée le 17 mars, l'affaire avait été mise en délibéré au 14 avril.
Une amende record : L'organisation avait transmis au procureur des listes d'agences immobilières établies en 2000 et 2003 par l'Office du tourisme: il y était précisé si les établissements acceptaient ou non les vacanciers ayant des "noms à consonance M", "M" pour maghrébine. Le procureur ayant classé la plainte sans suite en mai 2004, SOS Racisme avait souhaité relancer la procédure en faisant comparaître directement devant le tribunal l'Office du tourisme, en tant que personne morale, ainsi que sa directrice, également responsable de la centrale de réservations. "20.000 euros, c'est la plus lourde peine d'amende pour discrimination que nous ayions jamais obtenu", s'est félicité M. Thomas.
Les peines appliquées "prouvent que nous avons bien démontré que l'Office du tourisme était organisateur de la discrimination et que Mme Praz en était l'éxécutante. Le tribunal a été convaincu que l'Office était le principal responsable", a ajouté M. Thomas. "Cette victoire et sa qualification", a-t-il encore indiqué, "nous donnent satisfaction contre le procureur qui avait refusé de qualifier ces faits de délits de discrimination raciale et refusé, le jour du procès, de s'associer à SOS Racisme pour réclamer la condamnation".