Le bloc rouvre, le mystère demeure "Si de nouveaux symptômes apparaissent, les agents seront pris immédiatement en charge, in situ, ce qui permettra d'intervenir plus vite dans la recherche des causes", a ajouté M. Halimi.
Le bloc opératoire de l'hôpital Nord de Marseille a rouvert ce lundi matin. Mais l'on ne sait toujours pas ce qui a causé les nausées et vomissements d'une partie du personnel.
Le bloc opératoire central de l'hôpital Nord de Marseille, fermé en raison de malaises ressentis par le personnel au cours des deux dernières semaines, a rouvert lundi matin, mais le syndrome, déjà observé aux Etats-Unis dans les milieux hospitaliers, reste inexpliqué.
Depuis le 11 août, 34 agents, déclarés à la médecine du travail, ont été victimes de nausées, vomissements, maux de tête, irritations de la gorge ou baisse de tension, qui ont poussé par deux fois la direction à fermer partiellement puis totalement le bloc central. Deux agents sont toujours en arrêt de travail. Cette fermeture a entraîné la "déprogrammation de 50% des opérations prévues", a précisé Gilles Halimi, directeur du deuxième hôpital de Marseille avec 2.500 employés et 12.114 interventions chirurgicales par an.
Cause inconnue : Même si les opérations reprennent lundi matin, le mystère sur les causes des malaises demeure. "On a tout cherché, mais on n'a rien trouvé de palpable", a affirmé M. Halimi. "A ce jour, a-t-il expliqué, les résultats de tous les tests aboutissent à la même conclusion: il n'existe aucune cause majeure unique pour expliquer les désagréments". Il estime par ailleurs "invraisemblable" la thèse d'une malveillance.
Ni les infra-sons dus au mistral, ni l'aéraulique - qualité de l'air -, ni l'hydraulique, pas plus que les pistes gazeuses ou chimiques n'ont en effet donné de résultats. La piste du toluène, un hydrocarbure benzénique, un temps évoquée, a été également écartée en raison des faibles taux décelés.
"Building sickness syndrome" : Si les causes ne sont pas identifiées, le syndrome a lui cependant déjà été constaté. Il s'agit, a expliqué le professeur Philippe Brouqui, du "building sickness syndrome ou maladie des hôpitaux en construction, un phénomène constaté notamment dans des hôpitaux de New York et qui a fait l'objet de plus de 200 publications dans la littérature médicale".
"Chaque fois le phénomène est le même: les symptômes touchent le personnel, jamais les malades et disparaissent au bout de quelques semaines", a précisé M. Brouqui, chef du service des maladies infectieuses et président du Comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN) de l'Hôpital Nord. Les personnes touchées sont "victimes de symptômes ponctuels, a-t-il ajouté, et quand on s'aperçoit de ces symptômes, il est souvent trop tard pour repérer les causes".
Règles de bon usage : Avec pour "maître-mot, la sécurité", la direction de l'établissement hospitalier a décidé de doter les locaux et tous les personnels du bloc de badges d'ambiance, permettant de capter des traces de produits indésirables. Par ailleurs, les règles de bon usage des produits détergents et désinfectants ont été rappelées à l'ensemble du personnel et des mesures techniques, comme la vérification des réseaux d'extraction d'air, vont se poursuivre.
Pour Eliane Agresti, élue CGT au CHSCT, "nous avons certes voté la réouverture, avec des garanties comme la mise à l'abri des personnels fragiles, en priorité les femmes enceintes, et la poursuite de toutes les enquêtes". "Mais au moindre malaise, a-t-elle ajouté, nous exercerons notre droit de retrait".
De l'actuelle grippe du poulet au risque de pandémie humaine
Commentaires