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Médical

Mercredi 7 septembre 2005
 

Le bloc rouvre, le mystère demeure

Le bloc opératoire de l'hôpital Nord de Marseille a rouvert ce lundi matin. Mais l'on ne sait toujours pas ce qui a causé les nausées et vomissements d'une partie du personnel.

Le bloc opératoire central de l'hôpital Nord de Marseille, fermé en raison de malaises ressentis par le personnel au cours des deux dernières semaines, a rouvert lundi matin, mais le syndrome, déjà observé aux Etats-Unis dans les milieux hospitaliers, reste inexpliqué.

Depuis le 11 août, 34 agents, déclarés à la médecine du travail, ont été victimes de nausées, vomissements, maux de tête, irritations de la gorge ou baisse de tension, qui ont poussé par deux fois la direction à fermer partiellement puis totalement le bloc central. Deux agents sont toujours en arrêt de travail. Cette fermeture a entraîné la "déprogrammation de 50% des opérations prévues", a précisé Gilles Halimi, directeur du deuxième hôpital de Marseille avec 2.500 employés et 12.114 interventions chirurgicales par an.

Cause inconnue : Même si les opérations reprennent lundi matin, le mystère sur les causes des malaises demeure. "On a tout cherché, mais on n'a rien trouvé de palpable", a affirmé M. Halimi. "A ce jour, a-t-il expliqué, les résultats de tous les tests aboutissent à la même conclusion: il n'existe aucune cause majeure unique pour expliquer les désagréments". Il estime par ailleurs "invraisemblable" la thèse d'une malveillance.

Ni les infra-sons dus au mistral, ni l'aéraulique - qualité de l'air -, ni l'hydraulique, pas plus que les pistes gazeuses ou chimiques n'ont en effet donné de résultats. La piste du toluène, un hydrocarbure benzénique, un temps évoquée, a été également écartée en raison des faibles taux décelés.

"Building sickness syndrome" : Si les causes ne sont pas identifiées, le syndrome a lui cependant déjà été constaté. Il s'agit, a expliqué le professeur Philippe Brouqui, du "building sickness syndrome ou maladie des hôpitaux en construction, un phénomène constaté notamment dans des hôpitaux de New York et qui a fait l'objet de plus de 200 publications dans la littérature médicale".

"Chaque fois le phénomène est le même: les symptômes touchent le personnel, jamais les malades et disparaissent au bout de quelques semaines", a précisé M. Brouqui, chef du service des maladies infectieuses et président du Comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN) de l'Hôpital Nord. Les personnes touchées sont "victimes de symptômes ponctuels, a-t-il ajouté, et quand on s'aperçoit de ces symptômes, il est souvent trop tard pour repérer les causes".

Règles de bon usage : Avec pour "maître-mot, la sécurité", la direction de l'établissement hospitalier a décidé de doter les locaux et tous les personnels du bloc de badges d'ambiance, permettant de capter des traces de produits indésirables. Par ailleurs, les règles de bon usage des produits détergents et désinfectants ont été rappelées à l'ensemble du personnel et des mesures techniques, comme la vérification des réseaux d'extraction d'air, vont se poursuivre.

"Si de nouveaux symptômes apparaissent, les agents seront pris immédiatement en charge, in situ, ce qui permettra d'intervenir plus vite dans la recherche des causes", a ajouté M. Halimi.

Pour Eliane Agresti, élue CGT au CHSCT, "nous avons certes voté la réouverture, avec des garanties comme la mise à l'abri des personnels fragiles, en priorité les femmes enceintes, et la poursuite de toutes les enquêtes". "Mais au moindre malaise, a-t-elle ajouté, nous exercerons notre droit de retrait".

 

 

 
Par Le Net Et Ses Dangers
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Jeudi 22 septembre 2005
  De l'actuelle grippe du poulet au risque de pandémie humaine

Une pandémie de grippe, c'est-à-dire une épidémie mondiale du type de celles survenues en 1918-19, 1957 ou 1968, pourrait être à redouter si le virus H5N1 de la grippe qui frappe poulets et autres volatiles (grippe aviaire) en Asie s'adaptait à l'homme.

Depuis 2003, ce virus aviaire a déjà tué en Asie une soixantaine de personnes qui avaient été en contact étroit avec des volailles infectées.

S'il parvenait à acquérir - ce qui n'est pas le cas actuellement selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS) - la capacité de se transmettre facilement d'humain à humain, la grippe nouvelle pourrait se révéler dangereuse pour l'homme, dont les défenses immunitaires ne seraient pas préparées à affronter ce nouveau virus.

Une pandémie grippale marquée par une mortalité élevée associée à l'arrivée d'un nouveau virus survient trois à quatre fois par siècle, selon les experts qui redoutent une nouvelle épidémie de l'ampleur de la grippe espagnole de 1918/19 qui aurait fait de 20 à 40 millions de morts dans le monde.

Deux autres pandémies de grippe, moins meurtrières, ont eu lieu en 1957 (grippe asiatique, quatre millions de morts) et en 1968 (grippe de Hong Kong, deux millions de morts).Le porc pourrait servir de "creuset de mélange" permettant au virus de muter pour s'adapter aux mammifères.

Les oiseaux sauvages ou aquatiques servent de longue date de "réservoir de virus grippaux", mais ces derniers "n'infectent pas facilement l'homme", rappelle Sylvie van der Werf (Institut Pasteur, Paris).

Le porc pourrait servir de "creuset de mélange" permettant au virus de muter pour s'adapter aux mammifères ou bien le virus des volailles pourrait évoluer de lui-même et devenir capable, par des mutations génétiques survenues au hasard, d'infecter l'homme beaucoup plus facilement.

Le virus H5N1 est considéré comme une menace, car il risque de s'adapter à l'homme. S'il infecte un homme souffrant déjà d'une grippe ordinaire, il pourrait en profiter pour "s'humaniser". en empruntant du matériel génétique à un virus courant de la grippe et ainsi devenir capable d'engendrer une pandémie de grippe humaine.

Plusieurs fois depuis début 2004, les experts ont redouté qu'une contamination interhumaine soit survenue, notamment au sein d'une famille thaïlandaise, puis au Vietnam, mais l'analyse du virus a permis de vérifier qu'il n'était pas devenu facilement transmissible entre humains.

Ainsi, fin juin dernier après la visite au Vietnam d'une équipe de chercheurs étrangers, l'OMS avait revu à la baisse le risque imminent de pandémie de grippe humaine d'origine aviaire.

Mais lors d'une conférence régionale à Nouméa, le directeur général de l'OMS, Lee Jong-wook, n'a pas caché lundi son pessimisme: "c'est évident qu'elle (une pandémie) surviendra, toutes les conditions sont en place. Le problème maintenant, c'est le temps", a-t-il déclaré.

Une vingtaine d'épidémies de grippe aviaire ont frappé oiseaux sauvages et volailles depuis 1959. Par deux fois, l'homme a aussi été touché : en 1997 à Hong Kong (18 cas, 6 morts) et en 2003 en Belgique et aux Pays-Bas (décès d'un vétérinaire, cas de conjonctivites notamment). L'abattage massif et rapide de volailles pour maîtriser l'épidémie aviaire pourrait avoir alors, note l'OMS, permis d'éviter une pandémie humaine.
Par Le Net Et Ses Dangers
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