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Diana 10 ans déjà

Mercredi 29 août 2007
  soirée fatale du 30 août 1997

La princesse Diana, arrivée dans l'après-midi pour un séjour parisien avec Dodi Al-Fayed, est victime d'un accident mortel quelques heures plus tard. L'enquête française dira que le chauffeur était en état d'ébriété avec 1,75 gramme d'alcool dans le sang.

30 août 1997, 15h20, à l'aéroport du Bourget :
un jet privé se pose, avec à son bord Diana, 36 ans, et le nouvel homme de sa vie, Emad (Dodi) Al-Fayed, 42 ans, au retour d'un séjour en Sardaigne. Le couple, auquel la presse à sensation prête des projets de mariage, est attendu par quelques photographes "bien informés". La princesse de Galles est en visite privée en France, raison pour laquelle aucune protection officielle ne l'attend. Mais deux hommes, dont les noms entreront tragiquement dans l'histoire, sont à l'aéroport : Trevor Rees-Jones, 29 ans, garde du corps de Dodi, et Henri Paul, 41 ans, dit "M. Paul", le chef-adjoint de la sécurité de l'hôtel Ritz, palace parisien propriété du père de Dodi, le milliardaire égyptien Mohamed Al-Fayed.

Le soir, à l'heure où le couple s'attable dans une suite de l'hôtel de la place Vendôme, Henri Paul est absent. Il n'est plus de service depuis son retour du Bourget. Avant de partir en fin d'après-midi, il a bu plusieurs verres au bar de l'établissement. Dans la soirée, il se rend au Harry's Bar, le célèbre bar américain proche de l'hôtel, ainsi que dans un autre café. Vers 22 heures il est rappelé sur son téléphone portable. Il doit revenir au Ritz pour "l'exfiltration" de la princesse et de son ami, guettés à l'extérieur par des photographes. La décision de rappeler "M. Paul" scelle les destins de Diana et Dodi. L'enquête française dira qu'il était en état d'ébriété avec 1,75 gramme d'alcool dans le sang, trois fois plus que le maximum autorisé, et sous l'effet d'antidépresseurs.


"Vous ne pourrez pas me rattraper" : 
Peu avant minuit, un stratagème pour semer les photographes pendant le trajet vers le domicile de Dodi, rue Arsène-Houssaye, est mis au point : sur les chapeaux de roues, le chauffeur attitré de Dodi part à bord d'une Mercedes 600. Un leurre, mais il est suivi par quelques photographes. Au même moment, derrière l'hôtel, rue Cambon, Diana s'engouffre à l'arrière d'une Mercedes 280, conduite par "M. Paul". Dodi est assis à sa droite, Trevor Rees-Jones sur le siège passager avant.

Il est 0h20 le dimanche 31 août 1997. "Vous ne pourrez pas me rattraper", lance Henri Paul à quelques photographes qui ont compris la ruse et encadrent la voiture sur motos et scooters. La poursuite commence. Place de la Concorde, "M. Paul" brûle un feu et file à quelque 180 km/h vers le tunnel du Pont de l'Alma. Les photographes sont distancés. Mais dès l'entrée du tunnel, Henri Paul perd le contrôle de la voiture, écrase le frein - on relèvera des traces de gomme sur plus de vingt mètres - et percute de plein fouet le treizième pilier du souterrain. L'enquête britannique a établi qu'il roulait dans le tunnel à environ 100 km/h, soit deux fois la vitesse autorisée. Elle a confirmé une collision indirecte avec une Fiat Uno blanche, estimant "très improbable" qu'elle soit retrouvée un jour.

Il est 0h26. Henri Paul meurt sur le coup. Dodi décède à l'arrivée des secours. Diana, victime d'un choc hémorragique gravissime d'origine thoracique, est transportée à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière. Trevor Rees-Jones, grièvement blessé au visage, sera le seul survivant, mais il ne gardera aucun souvenir des événements. A 4 heures, malgré leurs efforts, les chirurgiens ne peuvent que constater le décès de la princesse.

Par Le Net Et Ses Dangers
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Mercredi 29 août 2007
  Cérémonie sans fard pour la "princesse du peuple"

Une messe du souvenir est organisée le 31 août en présence de la famille royale, mais dix ans après, le "mythe Diana" s'estompe peu à peu. Les Britanniques restent cependant prompts à réagir pour protéger la mémoire de la princesse.

Dix après sa mort, le Royaume-Uni s'apprête à rendre hommage à Diana, la "princesse du peuple". Pour célébrer cet anniversaire, la monarchie a prévu une cérémonie sobre et discrète, à la demande de  ses fils, William et Harry. Une messe du souvenir en présence de 500 invités se tiendra le 31 août à la chapelle des Wellington Barracks, une caserne proche du palais de Buckingham, à Londres. William et Harry liront des prières au cours de la messe, qui sera retransmise en direct à la télévision.
 
La reine Elizabeth, son époux le prince Philip assisteront à cette cérémonie, mais la nouvelle épouse et ancienne maîtresse de Charles, Camilla, que Diana avait accusé d'avoir brisé son ménage lors d'une interview retentissante, a décliné l'invitation de William et Harry. "J'avais accepté et je voulais être à leurs côtés. Toutefois, après avoir réfléchi, j'ai pensé que ma présence risquait de détourner l'attention du but essentiel de la cérémonie, qui est de célébrer la vie et les actes de Diana", a déclaré Camilla.
 

La "Dianamania" en perte de vitesse : 
Une décennie plus tard, la "Dianamania" s'est quelque peu essoufflée : les souvenirs à l'effigie de la princesse restent certes en bonne place dans les vitrines des magasins pour touristes, mais les ventes annuelles de "Dianabilia"  - souvenirs de Diana - ont fortement reculé. De 145 millions d'euros en 1998, les ventes atteindraient seulement 40 millions aujourd'hui. Les lieux de pèlerinage font en revanche toujours recette : la fontaine inaugurée en juillet 2004 attire 1 million de visiteurs par an, le palais de Kensington où elle a résidé pendant 15 ans avance le chiffre de 300.000 visiteurs annuels et les billets pour visiter gratuitement le 31 août le domaine d'Althorp - demeure ancestrale de la famille Spencer où elle repose - ont été pris d'assaut depuis des mois.
 
Mais même si le soufflet est retombé chez les aficionados - pas de fan club officiel, peu de sites internet à jour - les Britanniques ont montré qu'ils restaient prompts à réagir pour protéger le mythe. En juin, la chaîne de télévision Channel 4 a reçu "plusieurs centaines" d'appels téléphoniques lui demandant de ne pas diffuser un documentaire  contenant des photographies prises juste après l'accident, dans lequel Diana a  trouvé la mort le 31 août 1997 à Paris. Et lorsqu'il s'agit de célébrer les dix ans de sa disparition, le  public est au rendez-vous : le concert organisé par ses fils le 1er juillet  - elle aurait fêté ses 46 ans - a rassemblé 63.000 personnes, au stade londonien  de Wembley. Retransmis en direct dans 140 pays, il a été vu par 500 millions de téléspectateurs.
 

Diana n'est plus inattaquable : 
A défaut de réveiller une "Dianamania", ce 10e anniversaire a également suscité un regain d'intérêt dans les médias et l'édition. Car la mémoire de Diana n'est désormais plus intouchable. Ni inattaquable. Depuis quelques mois, les coups de griffes se multiplient : une quinzaine de livres ont été publiés ces derniers mois rien qu'en Angleterre, allant des incontournables biographies plus ou moins  complaisantes à un ouvrage sur son style vestimentaire et même des polars.

 
A Londres, la National Portrait Gallery a monté une exposition sur celle qui  fut la femme la plus photographiée du monde : Diana la princesse aux tenues chics  et élégantes, Diana l'épouse, la mère, la militante des causes humanitaires...  Une exposition audiovisuelle a également été organisée au palais de Kensington  où vécut la princesse, non loin de la fontaine érigée à Hyde Park en sa  mémoire. Le mythe s'essoufle, mais il persiste toujours...

Par Le Net Et Ses Dangers
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